Zagreb veut renégocier l'accord entre INA et le géant hongrois MOL


Zagreb - La Croatie a indiqué mercredi qu'elle voulait renégocier l'accord par lequel le géant pétrolier hongrois MOL a acheté des parts dans la compagnie croate INA, après la condamnation de l'ex-Premier ministre Ivo Sanader à dix ans de prison pour avoir touché des pots-de-vin de MOL pour lui faciliter la prise de contrôle d'INA.

Indépendamment du verdict (contre M. Sanader), le gouvernement n'est pas satisfait de l'actuel accord (entre INA et MOL) ce qui veut dire que nous allons continuer nos discussions pour le modifier, a déclaré le ministre croate des Finances Slavko Linic à la radio nationale.

Premier ministre de 2003 à 2009, M. Sanader a été déclaré coupable mardi en première instance par un tribunal de Zagreb, d'avoir touché cinq millions d'euros de pots-de-vin, suite à un accord passé en 2008 avec le PDG de MOL Zsolt Hernadi, afin d'assurer au groupe hongrois le contrôle d'INA, sans en posséder la majorité des parts.

M. Linic a dit espérer que ce verdict allait aider MOL à comprendre que le gouvernement va insister sur la nécessité de ne pas perdre le temps (pour poursuivre les négociations) en attendant le verdict final dans le procès contre M. Sanader.

Le ministre a précisé que des pourparlers difficiles (...) sont en cours avec MOL sur ce sujet. Les autorités croates s'efforcent depuis deux ans de renégocier l'accord MOL-INA.

Mol détient 49,1% des parts de la compagnie croate alors que l'Etat en détient 44,84%. Le reste des actions sont détenues par des petits investisseurs.

Dès l'annonce de la condamnation de M. Sanader, le groupe MOL a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait versé des pots-de-vin à l'ex-chef du gouvernement croate.

Sans vouloir qualifier la décision en première instance de la justice croate, nous estimons que ce procès est plus une affaire politique croate qu'une affaire concernant MOL ou INA, avait indiqué l'entreprise dans un communiqué.

En janvier 2012 à Budapest, le parquet hongrois avait classé sans suite une enquête concernant le PDG de MOL, Zsolt Hernadi, soupçonné d'avoir versé ce montant à M. Sanader.

(©AFP / 21 novembre 2012 15h56)