Zone euro: Helsinki propose des obligations sécurisées pour les pays fragiles


BRUXELLES - Le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen a proposé jeudi que les pays de la zone euro, qui subissent la pression des marchés, émettent des obligations sécurisées, généralement réservées aux établissements financiers, pour bénéficier de taux moins élevés.

Une piste serait que les Etats fragiles de la zone euro émettent des obligations sécurisées afin d'accéder aux marchés et de bénéficier de taux plus bas, a déclaré M. Katainen, avant un sommet à Bruxelles où les dirigeants européens vont chercher des solutions à la crise de la dette.

Ces obligations seraient garanties par des actifs gouvernementaux ou par des recettes fiscales destinées au service de la dette, a expliqué le Premier ministre finlandais, rappelant que son pays avait eu recours à cette solution dans les années 1990.

Objectif: faire en sorte que l'Italie et l'Espagne se financent à des taux moins pénalisants sur les marchés, grâce à ces titres de dette présentant un niveau de garantie plus important que les obligations souveraines classiques.

Une obligation collatéralisée ou sécurisée est un titre dont le remboursement et le paiement des intérêts est assuré par les revenus d'un actif qui sert de garantie, souvent un portefeuille de prêts hypothécaires. Ce produit est en général réservé aux établissements financiers.

Le Fonds de secours de la zone euro (FESF) ou le Mécanisme de stabilité (MES qui doit entrer en vigueur début juillet) pourraient se tenir prêts à intervenir sur le marché primaire pour faciliter l'émission de ces obligations sécurisées, a suggéré M. Katainen.

La solution serait nationale, mais le soutien serait européen, avec une intervention limitée, en dernier recours, en cas de problèmes, du FESF ou du MES, a résumé le ministre finlandais des Affaires étrangères Alexander Stubb.

Selon lui, ce pourrait être une solution qui permettrait d'abaisser les taux de l'Espagne ou de l'Italie.

L'idée est discutée au sommet, parmi d'autres soumises notamment par les Néerlandais, ou encore celle d'euro-obligations des pays triple A, qui seraient une incitation à une bonne gestion financière, ainsi que des obligations rouges ou bleues, a-t-il ajouté.

A la fin de la soirée on verra ce qui tiendra la route, a-t-il conclu, tout en précisant que son pays n'était pas favorable à des euro-obligations et qu'il était bien trop tôt pour en parler. Mais toutes les questions doivent être sur la table, a-t-il ajouté.

Actuellement, le FESF peut racheter de la dette sur le marché secondaire, où s'échangent les titres de dette déjà en circulation. Un rachat de dette sur le marché primaire est possible mais uniquement pour les pays bénéficiant d'un programme d'aide, et assorti d'une stricte conditionnalité.

Ces deux options n'ont jamais été utilisées.

(©AFP / 28 juin 2012 20h03)

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